Dans les nuits de Pigalle

Si la trame du film – la traque policière – est in fine accessoire, si l’on se perd un peu à passer d’un personnage à l’autre, l’histoire touche par sa vision personnelle d’un quartier cosmopolite et des habitants qui s’y croisent, la nuit venue, dans un mélange de prostitution, de jeux, de spectacles et de multiples combines. Avec le plan final qui rassemble tous ces éléments dans un kaléidoscope de couleurs.

Le plus étonnant dans ce film peuplé de R12 et décousu, c’est de retrouver un casting d’anciens et de nouveaux : Raymond Bussières, un des fondateurs du groupe Octobre et qui fit partie de la bande à Prévert, campe un projectionniste très paternel; Eddie Constantine surgit au détour d’un plan, quand Juliet Berto fait une composition juste et forte de cette barmaid au grand cœur et qui fait tourner le cœur des mecs. Quant au jeune Jean-François Stévenin, il est aussi à l’aise dans les arrières salles des bars que dans la salle de boxe où il offre un sacré jeu de jambes. Il faudrait encore parler de Patrick Chesnais, flic à la gâchette facile, ou de Jean-François Balmer, toujours inquiétant.

Un film témoin d’une époque et dont la bande son est marquée par la très belle chanson signée Bernard Lavilliers (il fait une apparition dans le film) : Pigalle la blanche.

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