Jouant sur les mots – un billet de 100 euros promené au creux des reins d’Ava par son amant symbolise ainsi le « ruissellement » cher à Macron – cette comédie douce-amère joue aussi bien sur le contexte familial que sur le contexte social et politique. Et les clins d’œil à l’actualité sont nombreux, notamment à l’univers des gilets jaunes, sans oublier la référence à la dictature de Pinochet, qui offre son surnom au monte-personne installé dans l’hôtel particulier d’Adélaïde Château-Têtard.
Si tout n’est pas toujours léger, léger dans cette comédie – les vomissements de la future mère sous les yeux d’une caméra complaisante- le casting est des plus solides. En belle-mère handicapée et vacharde, Josiane Balasko s’en donne à cœur joie et propose des saillies verbales réjouissantes, quand Anaïs Demoustier, rayonnante, tire son jeu vers les comédies américaines des années 60. Quant à Philippe Katerine, en héritier lunaire, il est parfaitement à sa place. Et aussi bien William Lebghil que Sergi Lopez, en chauffeur-amant de la patronne, font des apparitions savoureuses.
Sans enfoncer le clou ni signant un opus sur les classes sociales, La Pièce rapportée montre, l’air de rien lors d’une simple séquence de la jeune Ana en vadrouille dans la Rolls, comment la misère est aux portes d’une Capitale comme Paris. Et se trouvent juste à côté de logements neufs que ces nouveaux pauvres n’habiteront jamais…
