Patrimoine
LE SECRET DERRIÈRE LA PORTE, de Fritz Lang – 1h39
Avec Joan Bennett, Michael Redgrave
– Sortie : 1948 –
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Celia Barrett, riche héritière, rencontre pendant des vacances à Mexico Mark Lamphere, qu’elle épouse aussitôt. Un soir, Mark part soudain à New York mais, quand elle le rejoint, elle découvre la face cachée de l’homme : celui-ci a eu un fils d’un premier mariage et son ex-femme est morte…
Ce qui séduit dans ce classique ?
Même si ce thriller n’est pas le meilleur Fritz Lang avec un univers que ne renierait pas un Alfred Hitchcock, il a une manière originale de s’inspirer de la psychanalyse en créant un univers onirique en diable servi par la mise en scène impeccable du cinéaste, passé maître en l’art d’exploiter les atouts du noir et blanc pour créer un climat oppressant.
La psychanalyse était le sujet en vogue dans le cinéma des années 40 avec des opus aussi différents que Hantise (1944) de George Cukor; Angoisse (1944) de Jacques Tourneur ou encore La Vallée de la peur (1947) de Raoul Walsh. Sans oublier Rebecca, film d’Hitchcock dont Fritz Lang était un grand amateur. Mais, en tant que Viennois, Fritz Lang connaissait l’existence de Freud depuis longtemps. Et des films comme M le Maudit et Le Docteur Mabuse s’étaient déjà intéressés aux questions soulevées par cette nouvelle discipline.
Joan Bennett joue avec beaucoup de conviction cette riche femme qui est frappée de stupeur quand, loin du Mexique où ils ont convolé en justes noces – la séquence du mariage est magnifique avec ce crucifix qui semble juger le couple et l’écrase de son ombre tutélaire – elle découvre le vrai visage de son mari. Notamment sa passion morbide pour la reconstitution de chambres où des meurtres ont eu lieu et dont il joue les guides !

