Alors Marie Dumora suit cet adolescent déjà très mature à un moment clé de sa vie : celui où il peut choisir ou non de revenir vivre dans le giron familial. Elle le fait avec une vraie capacité à filmer l’intime, à capter ses petits moments de la vie, même quand le quotidien n’est pas rose. Et, il ne l’est pas dans cette est de la France où l’on sent une population luttant pour survivre et qui trouve dans la foi une des seules pistes pour avoir un peu d’espoir. On le mesure quand Sabrina rêve de fuir cette région quand elle voit passer un camping car flambant neuf.
L’opus est indéniablement touchant mais on peut parfois trouver le temps long dans les séquences où Nicolas file se promener en forêt avec un copain du foyer, le jeune Saïf, ou celui où Sabrina marche sans but dans la rue. Pour autant, il y a des moments forts comme celui où il aide son beau-père a installer un hangar pour le baptême de ses sœurs ou la séquence de son anniversaire dans le foyer. Si parfois un tel film semblerait plus adapté au format télévisé, il a le mérite de montrer sans pathos le quotidien de Français qui sont souvent oubliés des JT ou suivis parfois de manière si souvent caricaturale…
