Montrant comment il est impossible de filmer, comme en France, à l’intérieur d’un abattoir dans une Espagne où les fermes intensives sont majoritaires à l’image du reste du monde (98 % contre 2 %), Ed Antoja ne va pas contre les idées reçues, il donne la parole et fait se rencontrer, notamment lors d’un dîner chez lui, des personnes qui ne partagent pas le même point de vue sur la défense de la cause animale.
Et, pour mieux expliquer, il a instillé dans son documentaire des séquences d’animation : « Éveiller les consciences et, à la lumière de points de vue différents, peut-être inciter les gens à repenser eux aussi leurs habitudes. Je n’envisageais pas d’aborder ces débats sérieux et essentiels sans un minimum de sens de l’humour. Nous avons alors conçu les séquences d’animation comme des respirations ludiques » dit-il.
Mettant en exergue une citation de Gandhi – « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités »- il signe un film engagé dont l’originalité est qu’il est l’œuvre, au départ, d’un sceptique. Le mot de la fin à Lucien Jean-Baptiste qui est une voix du documentaire et qui explique en quoi ce a modifié sa perception des choses : « Le mot exact, c’est une vie plus consciencieuse. Tu as le droit de manger de la viande mais tu es prévenu. On ne peut plus dire qu’on ne savait pas. »
