C’est un véritable « garçon manqué », selon la formule tristement consacrée, et son père fraichement libéré et qui a replongé dans l’alcool, et son meilleur copain se demandent même, avec horreur, si elle n’est pas « lesbienne »… Chez Denis Hopper, la rédemption ne fait pas partie du vocabulaire habituel et les personnages évoluent dans un monde qui prend l’eau de partout et vont au bout de toutes leurs dérives.
Portée par une célèbre chanson de Neil Young et nourrie de bien d’autres morceaux rocks, Out Of The Blue décrit des gens au bout du rouleau. La mère de Cindy va d’homme en homme- la séquence magnifique dans le bowling parle d’elle même- toujours entre deux piqûres d’héroïne; le meilleur ami de son père fait tout pour coucher avec elle; les mecs qui gravitent dans le bled sont des espèces de beauf avinés. Quant à Denis Hooper, il sait de quoi il parle quand il campe ce père plongé dans des dérives éthyliques et autres drogues.
Parvenant à accrocher son monde dans des scènes violentes à la limite du soutenable – la deuxième séquence de l’accident du camion qui vient s’encastrer dans le bus scolaire notamment sans parler des crises conjugales -Denis Hopper porte ici un regard désabusé sur cette autre Amérique. Et la séquence finale, d’un noir absolu, vient clore ce portrait de héros déchus et sans espoir.
Dans la version DVD-Blu ray (chez Potemkine Films), outre les commentaire audio de Denis Hopper, figurent des entretiens avec John Alan Simon et Elizabet Karr au Montclair Film Festival en 2020
