Marcel Bluwal, mort d’un artiste de convictions

Hommage

Grande figure à la télévision et au théâtre – ses incursions au cinéma furent modestes – Marcel Bluwal vient de disparaître à l’âge de 96 ans. Un des derniers pionniers du petit écran et formateur de bien des comédiens tire discrètement sa révérence.

« Mon chagrin est immense, je lui souhaite un beau voyage, il a été un homme essentiel », a écrit sur Facebook l’actrice Ariane Ascaride, qui a été son élève. Pas étonnant qu’entre Marcel Bluwal et Robert Guédiguian et Ariane Ascaride le courant soit passé : ils ont tous les trois des convictions chevillés au cœur et Marcel Bluwal, qui fut compagnon de route du PC, n’a jamais barguigné avec ses idées. Symboliquement, il avait d’ailleurs tourné dans Le Voyage en Arménie, en 2006, où il campait Barsam, un homme très malade qui veut retourner mourir sur la terre qui l’a vu naître.

Marcel Bluwal et la télévision, ce fut une longue histoire d’amour et de combats. « Un pionnier, tellement il a ouvert de champs possibles pour la télé. Il a montré combien elle peut être très belle et très exigeante », a écrit à juste titre sur son compte Twitter le président du Festival de Cannes, Pierre Lescure.

Né à Paris en mai 1925 de parents juifs polonais immigrés – il avait échappé de peu à la rafle du Vel D’Hiv en 1942 et s’en tira avec sa mère car ils furent cachés par son professeur de piano durant vingt-sept mois dans une pièce close et étroite – Marcel Bluwal était entré dans les années 1950 à la télévision : après avoir signé des émissions enfantines (Jeudi après-midi) il s’était lancé dans l’adaptation télévisée de chefs d’œuvre du théâtre et de la littérature. En 1960, il remporta la palme d’Or du film de télévision pour La Surprise au festival de Cannes. Son succès populaire, il le dut à la célèbre série Vidocq (avec Claude Brasseur et Danièle Lebrun, son épouse) qui a marqué des générations de téléspectateurs.

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