Jouant habilement sur des ellipses pour raconter plus de trois décennies de confinement et de peur de ce couple, Une vie secrète rappelle comment des opposants au franquisme ont ainsi dû se cacher pour éviter d’être emprisonnés dans des conditions inavouables ou froidement exécutés, et comment certains espagnols passaient leur temps à traquer les républicains convaincus.
En jouant sur l’ouverture progressive des fenêtres au fur et à mesure que le temps passe, Une vie secrète nous fait ressentir la peur du couple, notamment celui de Rosa qui doit faire comme si, tout en prenant tous les risques, notamment celui d’être tabassée et violée. Admirablement campé par deux acteurs espagnols solides – Antonio de la Torre et Belén Cuesta – ce drame violent montre ce que fut le quotidien des Espagnols sous Franco où, dans les petites bourgades, la délation devient une vertu. Jusqu’à la névrose comme le montre le personnage de Gonzalo (Vicente Vergara) qui veut à tout prix faire tomber ce voisin qu’il poursuit de sa haine depuis la Guerre civile.
Parvenant à tirer parti du moindre décor, jouant à merveille sur le huit-clos étouffant, ce drame qui a fait un carton aux Goya en 2020 (les César espagnols) est un film incontournable.
