Sophie Marceau en plein drame

On pourra toujours reprocher au film d’évoquer une couche bourgeoise qui, même si elle connaît tous les doutes et les troubles face au désir de mourir, a les moyens d’y subvenir. C’est que dit de façon directe le père, remarquablement joué par André Dussollier, quand sa fille lui annonce le tarif de ce dernier voyage : « Il ne faut pas être pauvre… » Pourtant, sans jamais tomber dans le pathos, Ozon tire son film vers le haut par une subtile direction d’acteur. De fait, André Dussollier permet au film, par sa manière de jouer, son rire, de tirer parfois le sujet vers la farce et de jamais sombrer dans le moindre misérabilisme.

De fait, entre humour et larmes (la séquence où elle singe le visage de son père déformé par l’AVC se situe en équilibre entre les deux), Sophie Marceau signe ici un de ses meilleurs rôles depuis longtemps. Elle commente : « Le deuil est quelque chose que l’on a tous à affronter un jour dans notre vie alors autant en rire aussi. Notamment grâce au personnage d’André, cocasse et magnifique de drôlerie dans son égoïsme, son caractère. » Avec Géraldine Pailhas, elles parviennent à exprimer dans la moindre nuance les liens existant entre deux sœurs qui ne se ressemblent guère.

Et puis, il y a deux seconds rôles forts : celui de la mère, figée dans sa maladie d’Alzheimer jouée par Charlotte Rampling et celui, inattendu, de l’amant bougon et déterminé, Gérard, campé par un Grégory Gadebois toujours capable d’étonnantes variations.

Alors, même si la mise en scène reste un peu académique et pas toujours surprenante, la manière qu’a François Ozon d’aborder une telle histoire est extrêmement délicate. Et cela donne, par exemple, la belle séquence du concert du petit fils ou celle du dernier restaurant d’André avec sa fille et son gendre.

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