Chronique d’une répression soviétique

Des comédiens dans le juste ton. Jusqu’aux seconds rôles, tous les comédiens jouent à la perfection leur partition. Quant à Yuliya Vysotskaya, elle est étonnante et parvient à exprimer les tensions intérieures de cette stalinienne pur jus qui, soudain, prend conscience de ce qu’est la répression orchestré par ce régime et qui s’abat sur les ouvriers que ledit pouvoir prétend incarner et défendre. À côté d’acteurs de théâtre russes, figurent aussi des acteurs non professionnels parmi les travailleurs de l’usine d’électromoteurs de Novocherkassk et les résidents locaux des régions de Novocherkassk, Rostov et Adygea. Ce qui confère indéniablement un fort réalisme à l’ensemble de cette fresque politique.

Une mise en scène magnifique. S’opposant au désir de ses producteurs, le cinéaste a opté, judicieusement, pour l’usage du noir et blanc, et dans un format 1.33, ce qui donne au film un cachet certain sans tomber dans une atmosphère rétro gratuite. Le directeur de la photographie, Andrey Naydenov a effectué un travail d’une belle minutie pour donner une image d’une grande qualité. Andrey Konchalovsky exprime ce choix :  » L’art peut offrir du divertissement, éduquer, être la source de connaissances… Mais moi, j’essaie d’élaborer mes réflexions sans procurer nécessairement du divertissement. Je cherche à faire entrer le spectateur dans un flux d’émotions ».

Film puissant, film engagé, film qui montre un système qui est en train de s’écrouler, Chers camarades ! est une œuvre qui a le souffle des épopées.

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