Enfin, le film montre bien le mécanisme juridique où la rhétorique est bien huilée pour créer des crimes qui n’existent pas. Et décrit bien comment fonctionne le système de manipulation mentale orchestré par les juges. Pablo Aguero ajoute : « Je me suis inspiré de ma propre expérience avec la police argentine, ou même avec la police anglaise quand, étant encore en situation illégale, j’ai été arrêté à Calais. J’ai reconnu la même dialectique dans des films sur la Stasi.«
Une mise en scène magnifique. Très bien joué – Alex Brendemühl est étonnant dans le rôle du si rigide Pierre de Lancre tout comme les actrices incarnant les victimes, notamment Amaia Aberasturi- Les Sorcières d’Akelarre mêle des scènes d’action très efficaces, comme la séquence de capture des jeunes filles sur les falaises au bord de la mer – que des moments nocturnes qui touchent à un certain onirisme, avec la séquence de sabbat proprement surréaliste. « Je suis parti de l’histoire réelle. Pierre de Lancre, dans son obsession de voir le sabbat, faisant vraiment danser et chanter ses prisonnière » ajoute le réalisateur. Jouant habilement sur les grands angles dans des décors magnifiques, le cinéaste donne un vrai souffle à ce récit où il sait aussi créer une atmosphère spécifique dans les séquences où la lumière émanant des chandelles et des torches focalisent notre attention sur ces femmes unies par la volonté de vivre et d’assumer leur liberté.
Ayant reçu 5 Goya, l’équivalent de nos César, ces Sorcières d’Akelarre est un film qui échappe au strict genre du film à costumes pour traiter d’un sujet qui résonne de manière très contemporaine.
