Un autre atout du film, c’est, à côté des scènes d’action pure, de faire la part belle aux personnages, à leur vie, et notamment le couple formé par Adèle Exarchopoulos, qui attend un bébé, et Karim Leklou. Ce ne sont pas des justiciers immaculés mais simplement des hommes dépassés par la société devenue très violente, où ils sont censés faire régner l’ordre. Et qui, entre frustrations et déambulations, finissent par se laisser aller à des combines. Il y a encore un autre rôle dit second, celui de l’indic, campé avec un réalisme étonnant par Kenza Fortas, repérée dans Shéhérazade.
Si Gilles Lellouche ne joue pas toujours dans la légèreté, le reste du casting est impeccable de bout en bout et acteurs pros et non pros tiennent leur partition sans coup férir. Transformé physiquement par une solide préparation physique, François Civil qui campe le chien fou de l’équipe montre une nouvelle palette de son jeu. « Certes, ces flics agissent sous l’égide policière mais, finalement, ils sont plus proches des mecs des quartiers que du corps poli- tique qui, lui, n’y a jamais mis les pieds. J’ai rencontré beaucoup d’habitants pour qui ces flics font partie du quotidien : ils se côtoient, interagissent, apprennent à vivre ensemble dans un contexte très particulier », conclue le réalisateur.
Montrant un pan de la société où le climat est inflammable à souhait, Cédric Jimenez lance un nouveau cri d’alarme après celui lancé dans Les Misérables. Reste à savoir si quelques films peuvent changer les mentalités politiques…

