Au Sud, c’était la baston

Cinéma- Actualités

BAC NORD, de Cédric Jimenez – 1H44

Avec Gilles Lellouche, Karim Leklou, François Civil

– Sortie : mercredi 18 août 2021 –

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les flics adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu’au jour où le système judiciaire se retourne contre eux…

Ce qui touche dans le film ?

En 2012, dix-huit membres de la brigade anti-criminalité de Marseille ont été déférés en correctionnelle pour trafic de drogue et racket. L’affaire a fait grand bruit, ce qui a donné l’envie à Cédric Jimenez (La French, HhHH, Aux yeux de tous) de faire sa propre enquête pour une raison simple. Il explique : « Je m’y suis très vite intéressé sur tout que je connais bien les quartiers nord, j’y ai grandi. Le show médiatique était tel que j’ai ressenti le besoin de savoir ce qu’il s’était passé. À quel point ces flics avaient- ils pu franchir la ligne jaune ? Mais pour cela, il fallait avoir accès aux policiers, au dos- sier. Ce qui était évidemment impossible. Quand on a décidé de travailler ensemble, avec Hugo [Sélignac], mon producteur, j’avais toujours en tête cette affaire. C’est là qu’il me dit : « Attends, je connais quelqu’un à Marseille qui pourrait nous présenter les vrais flics de l’affaire. » Et c’est ce qui s’est passé. J’ai pu rencontrer toute la BAC Nord de l’époque, m’entretenir avec ces hommes, commencé à sentir les choses. J’ai rapidement appelé Hugo pour lui dire « Il faut faire ce film ! »

Bac Nord montre notamment la fin de l’histoire que les médias ont moins couvert que l’évènement initial. Et Cédric Jimenez explique bien comment, fautes de moyens et dans un contexte de violences permanentes, certains membres de la BAC sont obligés de franchir la ligne jaune. Et la mise en scène plus qu’efficace – la séquence de descente des flics dans la cité, tournée dans celle de la Castellane, pour chopper les trafiquants est digne des grands polars américains – donne une vraie résonance au scénario qui offre certaines résonances, mais côté Sud, avec Les Misérables, de Ladj Ly.

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