Passant de séquences dures – celle où Eric tente de convaincre les voyous de récupérer leur flingue ou celle où il raconte sa vie en forme de descente aux enfers – et des moments de vraies comédies, comme l’entraînement voulu par Eric Cantona, ou la séquence d’attaque finale, Looking for Eric est un opus qui dénonce les ravages de l’individualisme et qui salue la force du collectif.
Même s’il ne joue pas encore à son meilleur niveau, même si son accent peut provoquer le sourire, Eric Cantona étonne par sa capacité à l’autodérision. Il déclarait : « J’ai travaillé sur d’autres films, des films où je pouvais me cacher derrière un personnage, mais dans celui-ci je devais être moi-même. C’était un sentiment étrange (…) Ce fut une bonne expérience, très spéciale. C’est comme être, tout en se regardant être. Il faut trouver la spontanéité, être soi-même, mais dans une fiction. C’était un exercice étrange, mais passionnant. »
Au passage, Ken Loach et Paul Laverty font un savoureux clin d’œil à des temps forts dans la vraie carrière du footballeur. Quant à Steve Evets, lui-même issu d’un milieu ouvrier et ancien marin, il est tout à fait remarquable dans la peau du postier qui décide de ne plus subir.
