Sur un montage nerveux, Mocky embarque son monde dans cette petite ville où se déroule cette comédie policière non dénuée de grotesque avec des pèlerins qui semblent sortis d’une fable médiévale. C’est un des grands directeurs de la photographie Eugen Schüfftan – qui apporte son coup de griffe à l’ensemble. Si son nom n’apparaît pas pour des raisons contractuelles au générique, Raymond Queneau imprime de son style des dialogues où l’on reconnaît son inspiration loufoque.
Rien que la ritournelle du début du film – « C’est la grande frousse, c’est la grande peur, prenez bien garde à l’inspecteur : le dénommé, Simon Triquet. Son père était dans la police, son oncle aussi, même sa nourrice… Ah quel destin ! Ah quel destin ! C’est un gentil, c’est un cœur tendre mais vous ne perdez rien pour attendre ! Hélas ! Hélas ! » – donne le ton d’une comédie où Bourvil adopte cette démarche si spécifique qui fait que l’on ne sait jamais s’il court ou s’il marche.
Dans ce film, initialement nommé La Grande Frousse, déroutant et audacieux, l’intrigue s’efface derrière une galerie de personnages aussi étranges les uns que les autres. On est bien dans du Mocky…

