Amour sans feintes

Nicol Ruiz Benavides note d’ailleurs : « Bien qu’elle ait été écrite il y a quatre ans, le sujet est toujours pertinent pour les vies des femmes de tout âge et tout contexte dans notre société. Je veux inviter les femmes du monde à réfléchir à leur indépendance et à leur bonheur. Encore aujourd’hui nous manquons de films avec des femmes en personnages principaux, qui traitent de liberté et d’acceptation de soi. »

En tant que femme, mère, senior et veuve, Claudina fait voler en éclat tous les repères (et les interdits) qui ont géré le cours de son existence jusque là. Et la conquête de cette liberté se fait au prix de tensions avec sa propre fille qui redoute le regard des autres dans cette petite ville du Chili où tout le monde s’espionne comme en témoigne les réactions de la fille de Claudina, outrée du comportement de sa mère. Le film montre bien aussi comment les proches font peu de cas d’une veuve, une fois les civilités de mise accomplies. Ou comment une femme comme Elsa symbolise – du côté féminin – la vieille attitude bourgeoise : elle vit un sexualité libérée tout en préservant les apparences : en attestent les séquences du retour de son mari, souvent absent du domicile conjugal et avec lequel elle reprend une vie « normale ».

Avec tous ces thèmes, Les Sentiers de l’oubli est une belle réflexion sur la quête de la liberté et la sensualité, y compris quand on est une grand-mère. Et puis, la mise en scène utiliser avec à-propos le cadre naturel campagnard du Chili et les couleurs changeantes du ciel. Un film très attachant et courageux en diable.

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