Télévision – Inédit –
SAINT MAUD, de Rose Glass – 1h23
avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Frazer
Sortie : à la demande sur myCanal
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Maud, infirmière à domicile, s’installe chez Amanda, une célèbre danseuse fragilisée par la maladie qui la maintient cloîtrée dans son immense maison. Amanda est d’abord intriguée par cette étrange jeune femme très croyante, qui la distrait. Maud, elle, est fascinée par sa patiente. Mais les apparences sont trompeuses. Maud, tourmentée par un terrible secret et par les messages qu’elle pense recevoir directement de Dieu, se persuade qu’elle doit accomplir une mission : sauver l’âme d’Amanda.
Et alors ?
L’astuce de Rose Glass dans son premier long métrage, c’est de marier le drame humain et le genre fantastique avec le personnage trouble de Maud qui va graduellement tenter de imposer son autorité dans la demeure de la célèbre danseuse, diminuée par la maladie. Les névroses religieuses de la jeune infirmière renforcent le caractère oppressant de cette confrontation. Commentaires de la cinéaste : « J’apprécie que les gens interprètent le métrage comme ils l’entendent, mais pour moi Saint Maud n’est pas particulièrement ambigu, je visais plus les métaphores et le réalisme magique. Maud qui lévite au-dessus du sol n’est pas à prendre au sens propre, c’est une illustration de sa sainte épiphanie, une façon de visualiser ce qu’elle ressent à ce moment précis. »
Campée avec une étonnante maîtrise, Morfydd Clark cache, derrière un teint livide et tenue austère une vraie fêlure intérieure. Face à elle, Jennifer Ehle compose ce personnage de danseuse blessée par la maladie et qui brûle ses derniers feux dans des fêtes éphémères, des relations homosexuelles qui ne peuvent que scandaliser la jeune infirmière, confite en dévotion.
Revendiquant les influences d’un Polanski (celui de Rosemary’s Baby) comme d’un Ken Russell (Les Diables), Rose Glass signe un film à l’atmosphère poisseuse et prenante en diable, avec une théâtralité voulue. A signaler la musique originale présente, mais jamais pesante, de Adam Janota Bzowski qui appuie bien le climat morbide de ce récit. Saint Maud a fait un plein -justifié – de récompenses au dernier Festival de Gérardmer où il a notamment remporté le Grand prix et le prix de la Critique.
