La complexe figure paternelle. Qui mieux que Benoît Poelvoorde pouvait camper un tel père névrosé. Il avait déjà tourné avec Jean-Pierre Améris dans Les Émotifs anonymes. Avec lui, il savait qu’il pouvait compter sur un acteur qui n’a pas peur de jouer sur toutes les fêlures profondes. Il explique : « Dès l’écriture j’ai pensé à lui et je crois que ma toute première indication pour jouer ce rôle était que l’on devait penser à Alberto Sordi ou Vittorio Gassman. Des grands fous qui n’avaient pas peur d’être dans l’excès, d’endosser les travers humains. »
Avec un tel pèlerin, ce père aimant peut soudain devenir comme un personnage de thriller, tant Poevoorde parvient à brouiller les pistes, sans se départir d’une forme de sérieux. Une étrange histoire, non dénuée d’un humour décalé, souvent bizarrement fagotée, à la limite du réalisme, mais touchante pour qui cultive un penchant pour la déraison.
