Poelvoorde en étonnant mythomane

Sorties cinéma


PROFESSION DU PÈRE, de Jean-Pierre Améris – 1h45 Avec Benoît Poelvoorde, Audrey Dana, Jules Lefebvre

Benoît Poelvoorde : un étrange père en plein délire d’espionnage avec son fils (Jules Lefebvre)

– Sortie : mercredi 28 juillet 2021

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Émile, 12 ans, vit dans une ville de province dans les années 1960, aux côtés de sa mère et de son père. Ce dernier est un héros pour le garçon. Il a été à tour à tour était chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle. Et ce père va lui confier des missions dangereuses pour sauver l’Algérie, comme tuer le général.

3 raisons d’y aller ?

Le thème de la mystification. En adaptant le roman éponyme de Sorj Chalandon, Jean-Pierre Améris, ce conteur du cinéma français, a trouvé un personnage de mythomane saisissant. Pour un créateur, le mythomane est un terrain de jeu rêvé car quel meilleur terrain de jeu que de suivre un être qui croit dur comme fer à ce qu’il raconte ? Avec comme corollaire la douleur, comme le note le cinéaste, de « découvrir que l’on a été berné, que tout était faux. » En prime, cela permet de récréer, dans le confinement de cet appartement où se passe l’essentiel du film, le climat des années 60 avec la figure tutélaire (et parfois haïe au cœur du conflit algérien) du Général de Gaulle. Avec, ce qui apporte une vraie touche d’originalité, une histoire décrite avec le point de vue de l’enfant.

Une famille française des années 60. En suivant la vie de ce couple banal, où la femme est effacée, le cinéaste a trouvé des résonances avec sa propre enfance, qui plus est lyonnaise comme celle du romancier. Il raconte : « Mon père n’était pas mythomane mais en revanche – et le le dis avec beaucoup d’affection car le film est tout sauf un règlement de compte – il était ce qu’on appelle un tyran domestique. » Un personnage aussi manique – rien que la porte non fermée des toilettes peut créer une crise – en rajoute à la tension née de l’atmosphère de mensonges permanents. Et Audrey Dana campe joliment cette femme qui se plie à la férule d’un mari, malgré son autorité et son comportement à la limite du pathologique.

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