Quand la jungle rend fou

De séquence en séquence, Arthur Harari montre bien comment, lentement mais sûrement, Onoda est prisonnier de sa logique guerrière et de l’idéologie inculquée à son esprit crédule et à la recherche d’une autorité. Ainsi quand il croit que les messages qui lui sont adressés dans la jungle par ses proches font partie d’un plan secret.

Les deux acteurs ( Yuya Endo et Kanji Tsuda) qui campent le soldat à deux époques de sa vie jouent avec une vraie justesse les émotions ressenties par cet homme. Parlant peu, s’accoutumant à vivre dans un dénuement absolu et dans des abris de fortune, ils finissent par faire corps avec la nature qui les entoure. Tout au long de cette vie de reclus dans la jungle, Onoda suit le message de ce père autoritaire et dogmatique qui lui a lancé : « Tu es ton propre officier« .

Par le système de flash-back avec le journaliste routard parti à la recherche de Onoda aux Philippines, Arthur Harari rapproche le spectateur de ce combattant d’une autre époque qui, sans être un héros ou un salaud, est prisonnier d’une logique qui le dépasse.

Un récit qui ne manque donc pas d’audace et qui porte une tension certaine. Il est dommage que la deuxième partie ne se perde parfois dans des chemins de traverse comme s’il fallait tirer un film très long d’une vie si longtemps en marge de la société dite « normale ». Mais, indéniablement, il y a aussi une atmosphère prenante dans cette histoire oubliée.

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