Cinéma

ONODA – 10 000 NUITS DANS LA JUNGLE, de Arthur Harari – 2h25 Avec Yûya Endô, Yuya Matsuura
– Sortie : mercredi 21 juillet 2021 –
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Fin 1944. Le Japon est en train de perdre la guerre. Sur ordre du mystérieux Major Taniguchi, le jeune Hiroo Onoda est envoyé sur une île des Philippines juste avant le débarquement américain. La poignée de soldats qu’il entraîne dans la jungle découvre bientôt la doctrine inconnue qui va les lier à cet homme : la Guerre Secrète. Pour l’Empire, la guerre est sur le point de finir. Pour Onoda, elle s’achèvera 10 000 nuits plus tard.
Ce qui touche dans le film ?
C’est par une simple évocation du cas Onoda par son père que Arthur Harari, grand lecteur de Conrad et Stevenson, a eu envie de se lancer dans l’aventure : celle de raconter le parcours fou dans la jungle de ce soldat qui, après avoir reçu une formation spéciale à l’école de Nakano pour mener une guérilla contre les adversaires américains, n’a jamais accepté la signature de l’armistice. Et a continué de mener son combat, perdant peu à peu ses compagnons de guerre, jusqu’en mars 1974 dans l’île de Lubang aux Philippines. De séquence en séquence, le réalisateur montre bien comment ce soldat oublié ne veut pas se rendre et continue de croire en sa mission, méprisant ces « donkos », les indigènes qu’il jauge avec mépris.
Pour ce film à la matière très composite, il joue avec certains codes de genre, notamment ceux du western. Arthur Harari souligne : « À chaque fois que je fais un film, je retourne vers le western. Pour la mort de Kozuka, la référence la plus explicité est Délivrance de Boorman, que je vois comme une relecture presque conceptuelle de western et de la place du genre dans l’inconscient américain. Dans la scène du harpon, les Japonais sont des cow-boys et les Philippins des Indiens, mais qui auraient fini par se ressembler physiquement, à force d’être coincés sur le même territoire. »
