Jouant sur les codes du genre – avec un commanditaire de la Firme au look de bon père de famille (Paul Giamatti)- Bloody Milshake marie, à la manière d’un Tarantino des scènes d’action d’une rare violence où le sang coule à flots et des moments où l’humour (souvent noir) fait mouche. Dans la clinique où trois tueurs viennent se faire rafistoler après avoir croisé la route de Sam pour lui demander des comptes, ils éclatent de rire en racontant les coups reçus, victimes d’une ivresse d’oxygène…
Certains s’offusqueront de la beauté sublimée des scènes de violence- avec l’utilisation de ralenti à la Peckinpah qui détaille les cascades, signées Laurent Demianoff (Jack Ryan, Lucy) – pourtant, ce thriller féministe, offrant une belle relation entre mère et fille, tient les promesses du genre et offre une efficace histoire de guerrières des temps modernes avec une mise en scène solide. Rien que la scène où Michelle Yeoh saute d’un balcon après avoir étranglé son adversaire avec ses chaines et se débarrasse d’une dent de son adversaire qui s’est collée dans ses cheveux après avoir atterri en douceur symbolise bien le style du film.
Avec, des références permanentes à l’univers américain des années 50 avec ce restaurant kitsch, lieu de bien des rebondissements dans l’histoire, sans oublier le bowling, ce film baroque et rock met un peu de piment sur grand écran.
