Le rappel d’un conflit oublié. En situant son récit durant le conflit frontalier entre l’actuelle Namibie et l’Angola, Oliver Hermanus rappelle comme l’Afrique du Sud a été de tous les conflits dans cette partie du monde pour préserver son pré-cassé d’apartheid et de racisme et lutter contre les guerres de libération. A cet égard, l’entraîneur du camp d’entraînement symbolise toutes les dérives du système. Le réalisateur poursuit : « Le système de l’apartheid, l’armée et la nature conservatrice de ce pays ont nourri les jeunes garçons d’une idéologie de supériorité et de haine. »
Une réalisation soignée. Avec Moffie, Oliver Hermanus fait montre d’une belle maturité dans la mise en scène. Les scènes d’entraînement, avec le côté brutal des gradés, rappelle certains moments de Full Metal Jacket, entre autres, et les séquences d’escarmouche avec les rebelles offrent une vraie tension, tout en jouant sur la beauté du décor sauvage et désertique.
Une chose est sûre : même si les choses vont sans doute trop lentement – on peut se demander si les mentalités ont tant changé que ça dans l’armée ? – l’existence d’un film comme Moffie prouve que les mentalités ont rapidement évolué en Afrique du Sud.

