De l’Histoire au cinéma

Comme il le nota avec justesse :  » Ce sont ainsi des récits biographiques et historiques particulièrement émouvants dont s’empare le cinéaste régis Wargnier pour les mettre en images. » L’occasion pour l’universitaire de confronter dans un dialogue tonique les interrogations d’un intellectuel sur la nature humaine et sa noirceur et la version cinématographique. Sans oublier de revenir en permanence aux faits historiques.

Parfois, pour l’intérêt dramatique du film, la cinéaste a pris des liberté historique. Ainsi, la scène du film où Pol Pot accuse directement, devant le conseil de la révolution, Bizot d’être un espion avant de lui annoncer qu’il est « libre », ne s’est pas déroulé ainsi. Et c’est le geôlier de Bizot, Douch, qui a joué cette mascarade macabre. Et l’auteur de noter : « (…) le déplacement est légitime car il permet de mettre en scène Pol Pot, sans quoi le grand ordonnateur des tueries n’apparaîtrait pas dans le film.« 

On peut parfois reprocher à certains passages un ton trop universitaire, cet essai offre néanmoins une vision singulière de certains films en décryptant la manière dont le 7ème art peut « fabuler » l’Histoire. Et pour quelles raisons, certains réalisateurs prennent des libertés aussi bien avec le roman original qu’avec la véracité des faits pour des raisons dramatiques.

(*) Ed. Vérone.

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