Cinéma
200 MÈTRES, de Ameen Nayfey – 1h37 Avec Ali Suliman, Anna Unterberger, Lana Zreik
-Sortie : mercredi 9 juin 2021 –
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Mustafa d’un côté, Salwa et les enfants de l’autre, une famille vit séparée de chaque côté du Mur israélien à seulement 200 mètres de distance. Ils résistent au quotidien avec toute la ruse et la tendresse nécessaires pour « vivre » comme tout le monde, quand un incident grave vient bouleverser cet équilibre éphémère. Pour retrouver son fils blessé de l’autre côté, le père se lance dans une odyssée à travers les checkpoints, passager d’un minibus clandestin où les destins de chacun se heurtent aux entraves les plus absurdes.
Ce qui touche dans ce récit ?
À travers le quotidien de cette famille banale de palestinienne, Ameen Nayfeh montre avec une grande finesse ce que représente de vivre au quotidien avec un pays coupé par un mur. Le mur de toutes les hontes, le mur de tous les trafics aussi comme on le découvre en voyant comme des bandes de voyous palestiniens surveillent certains passages… Le cinéaste souligne : « L’oppression vous aliène en ce qu’elle bafoue vos droits les plus fondamentaux ; et d’autant plus lorsque vous commencez à vous adapter à cette oppression ! Une séparation forcée est une souffrance énorme. 200 Mètres est mon histoire, celle de milliers de Palestiniens, et les histoires peuvent définitivement bouleverser des vies. Je crois au pouvoir du cinéma, à sa façon de nous affecter comme par magie. J’ai eu besoin de raconter cette histoire.«
Avec une faculté d’adaptation étonnante, les travailleurs des deux zones font l’expérience quotidienne de la patience et de l’absurdité des règles. Il suffit d’avoir une voiture qui semble israélienne pour parvenir à passer sans trop d’encombres un barrage où l’on sent même une certaine lassitude des soldats qui contrôlent le passage.


