La griffe Cimino

L’analyse de Thoret est solide et il montre bien, comme il le souligne, comment « tout le cinéma de Cimino dialogue avec celui de John Ford ». De fait, dans tous ses films engagés, provocants, le réalisateur montre le revers du rêve américain, un pays des laissés-pour-compte, une violence à fleur de peau.

Victime d’une industrie cinématographique qui ne lui pardonna pas l’échec retentissant de La Porte du Paradis – un pur chef d’œuvre dans la version non trafiquée par les producteurs – Cimino incarne un réalisateur qui comme le souligne un Oliver Stone (qui a coécrit le scénario de L’Année du dragon), ne pouvait qu’entrer en conflit avec des financiers d’Hollywood peu sensible à la notion des audaces artistiques… Un homme doté d’un franc parler certain. Ainsi dans Sofilm en 2004, il déclarait : « Moi, on m’a collé toutes les étiquettes. J’ai été traité d’homophone pour Le Canardeur, de fasciste pour Voyage au bout de l’enfer, de raciste pour L’Année du dragon, de marxiste pour La Porte du paradis et de violent pour La Maison des otages… »

Une chose est sûre : cette soirée est à ne pas zapper tant Cimino est un cinéaste rebelle à tous les systèmes !

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