Télévision
LE CANARDEUR, de Michael Cimino – 1h50
Avec Clint Eastwood, Jeff Bridges, George Kennedy
– Sortie : 1974 –
Diffusion sur Arte, le lundi 31 à 20h55
Avec Le Canardeur, Michael Cimino signait son premier long métrage s’attaquant au film de genre : le bon vieux polar des familles. Mais le jeune cinéaste y ajoute d’emblée sa griffe : un grain de folie dans un récit picaresque. Le pitch ? Le braqueur de banque John Thunderbolt se lie d’amitié avec Lightfoot, un jeune aventurier. Ensemble, ils décident de récupérer un magot d’un demi-million de dollars que Thunderbolt avait planqué dans une vieille école. Mais celle-ci a été détruite.
D’emblée, le film, et même s’il a vieilli, surprend par son ton – dès la séquence d’ouverture, Clint en pasteur de choc donne le tempo- où l’humour le dispute à l’émotion. Et un polar marqué par un duo que tout oppose : autant Clint est un vieux briscard classieux, autant Jeff Bridges est un chien fou touchant. Avec, en toile de fond du récit, l’évocation d’une jeunesse qui s’est fait la malle et une Amérique puritaine à souhait. À noter au passage que Jeff Bridges parvient presque à voler la vedette à Eastwood, déjà star reconnue.
La soirée se poursuit avec Michael Cimino- God Bless America, documentaire très riche de Jean-Baptiste Thoret qui offre un parcours passionnant dans l’œuvre du cinéaste aussi célébré que « maudit », mort en 2016. Cinéphile en diable, Jean-Baptiste Thoret avait rencontré le cinéaste en 201O pour faire le portrait de Voyage au bout de l’enfer, un de ses grands films, un portrait alors qu’il fait figure de « has been » dans son pays. Suivant les conseils du maestro qui lui avait dit « La meilleure façon de comprendre mes films, c’est de prendre la route« , il l’avait suivi, en dévorant aussi bien les kilomètres que les heures d’enregistrements audio. Un travail qu’il a poursuivi après la mort de Cimino.

