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À L’ABORDAGE, de Guillaume Brac- 1h35

Avec Eric Nantchouang, Salif Cissé, Edouard Supplice
– Diffusion sur Arte, vendredi 28 à 20h55–
Mon avis : 3 sur 4
Le pitch ?
Paris, un soir au mois d’août. Un garçon rencontre une fille. Ils ont le même âge, mais n’appartiennent pas au même monde. Félix travaille, Alma part en vacances le lendemain. Qu’à cela ne tienne. Félix décide de rejoindre Alma à l’autre bout de la France. Par surprise. Il embarque son ami Chérif, parce qu’à deux c’est plus drôle. Et comme ils n’ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Peut-il en être autrement quand on prend ses rêves pour la réalité ?
Ce qui touche dans le film ?
Son ton est original. Sur une banale histoire d’amour d’été et de la surprise amoureuse, Guillaume Brac imagine une histoire simple mais, qui sort de l’ordinaire et des clichés du genre. Après Contes de juillet, il a fait appel à nouveau à des élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique de Paris, ce qui donne un ton très naturel à ce road movie qui conduit ces deux copains noirs dans un camping municipal d’une France paumée où leur présence semble exotique en diable.
Comme la caméra reste à la fois proche mais légère, comme les dialogues sonnent juste, Guillaume Brac fait passer bien des émotions sur les galères de ces jeunes qui subissent le choc de la diversité à l’heure où il explore la Carte du Tendre. Face au personnage campé par Eric Nantchouang, le beau gosse hâbleur et un peu tête à claques, Salif Cissé joue le bon copain qui est toujours prêt pour rendre service, épauler. Et c’est celui qui, finalement, va vivre la plus belle aventure dans ces vacances improvisées où ils se retrouvent au côté du mec qui les a pris en stop, cet Edouard, un vrai fils à maman aux réactions inattendues. Pour résumer son entreprise, Guillaume Brac souligne : « J‘ai fait en fin de compte quelque chose d’assez simple : introduire des personnages noirs dans ce cinéma français du sentiment, hériter, pour simplifier, de la Nouvelle vague, qui est encore aujourd’hui presque exclusivement blanc.«
