Panique en mer

Avec ce film, Katryn Bigelow retrouve un univers plus intimiste qui était celui de son premier opus, The Loveless, après plusieurs films d’action spectaculaires (tels Point Break ou Strange Days). Mais, même dans le décor intime de ce voilier en bois, un presque huit-clos qui exacerbe les tensions palpables dès le début, elle parvient à distiller une violence sourde et, quand la violence éclate, elle sait la filmer sans détour. Cette fois, on se demande parfois si la violence psychologique insidieuse, n’est pas la pire dans ce récit où le drame du passé a des résonances avec les tensions du présent.

Face à Elizabeth Hurley, allumeuse en diable, Catherine McCormack joue avec charme et classe cette épouse blessée face à un mari qui semble paumé et que joue avec prestance Sean Penn, plus porté sur un verre de vin que sur les confessions intimes. Avec pour cadre cette mer qui semble propice à enterrer tous les secrets maudits, ce drame montre aussi comme le poids de la vérité peut devenir écrasante. Une œuvre, parfois inégale, parfois longue, mais qu’il faut redécouvrir tant elle est jouée avec finesse. Et puis, quand l’action prend corps, Kathryn Bigelow a vraiment un talent pour mettre en scène la violence avec une griffe toute personnelle. Ce n’est pas son film le plus connu mais, il mérite un arrêt sur image.

Laisser un commentaire