Sur les traces d’un artiste révolté

Patrimoine

EN ROUTE POUR LA GLOIRE, de Hal Ashby – 2h27

Avec David Carradine, Melinda Dillon, Gail Strickland

– Sortie : 1976

Avec ce biopic, Hal Ashby signait un hommage au père de la country sans lequel il n’y aurait sans doute pas eu un Bob Dylan. Le pitch ? Dans la petite ville texane de Pampa, en 1936, le musicien Woodie Guthrie chante les misères et les luttes de travailleurs opprimés. Bientôt, il décide de partir tout seul sur les routes…

Woodie Guthrie est une figure de la chanson engagée américaine. En route pour la gloire dépeint quatre années de sa vie du musicien, auteur d’un millier de chansons écrites en pleine Dépression, dans les années 30. Le scénario est d’ailleurs inspiré sur un roman homonyme et autobiographique qu. Arthur Penn avait déjà utilisé pour son film Alice’s restaurant.

Le cinéaste présente l’artiste comme un être droit – il préfère abandonner le confort pour rester aux services des autres et ne pas se trahir, y compris quand l’industrie discographique lui fait les yeux doux. Utilisant pour la première fois une steadicam – cette caméra portée sur un bras articulée et permettant des travellings très efficaces -Hal Ashby (Harold et Maude, Bienvenue Mister Chance) signe un hommage émouvant à cet artiste qui fut l’inspirateur de tout le folk song engagé américain des années 60. Il montre aussi comment les compagnies de chemin de fer embauchent des milices violentes pour traquer les trimardeurs qui ne veulent qu’embarquer dans des wagons miteux pour tenter de refaire leur vie en Californie ou ailleurs alors que la misère écrase le pays.

Un artiste libre, une guitare et un harmonica.

Bien joué par David Carradine qui refuse de sacrifier un pouce de sa liberté, quitte à laisser femme et enfants dans son bled paumé d’origine, ce film, parfois long et qui a pris quelques rides, rappelle l’importance d’un Woody Guthrie en décrivant un homme qui mène une carrière d’artiste sans jamais barguigner avec ses convictions. Un artiste qui avait écrit sur toutes ses guitares un slogan entré dans la légende de la musique : « Cette machine tue les fascistes. »

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