James Mason face à la folie…

Patrimoine

DERRIÈRE LE MIROIR, de Nicholas Ray – 1h35

Avec James Mason, Barbara Rush

Sortie : 1956 –

Ce n’est pas le film le plus connu de Nicholas Ray mais, un scénario qui ne manque pas d’originalité. L’histoire ? Professeur malade atteint d’une maladie vasculaire rare, Ed Avery accepte d’atténuer ses souffrances en testant un nouveau traitement à la cortisone. Peu à peu, il perd la raison, fait preuve d’un autoritarisme maladif et terrorise sa femme et son fils…

S’inspirant d’un fait divers raconté par le New Yorker, Nicholas Ray signe ici un drame familial sur fond de maladie et d’un traitement expérimental qui modifie la personnalité de ce bon père de famille qui enchaîne deux jobs – après les cours, il officie au standard d’un garage de taxis – pour assurer une vie confortable à sa femme et son jeune fils.

Si le film, malgré quelques qualités de mise en scène a vieilli, si la chute inattendue est faible eu égard à la tension dramatique qui précède (sans doute pour rassurer la Paramount sur les chances commerciales de l’opus), ce drame repose sur la performance d’un James Mason qui fut d’ailleurs très impliqué dans l’écriture du scénario. Il assura même la coproduction du film, c’est dire s’il se sentait impliqué par le sujet.

Un père (James Mason) très menaçant.

Dans une atmosphère à la Douglas Sirk pour l’utilisation du Technicolor, James Manson fait, en effet, passer toutes les émotions et les tensions nerveuses d’un homme qui se obéit scrupuleusement aux directives médicales mais, la consommation régulière de cortisone – surtout avec les risques de la surdose – le conduit à des changements de comportements brutaux. Nicholas Ray montre bien comment, petit à petit, Ed Avery devient un tyran domestique, sujet à des sautes d’humeur, pratiquant le sarcasme et le blasphème – la scène de réunion avec les parents à l’école en dit long sur la question et sur le climat dans une certaine Amérique – et tentant de forger à son fils une âme de tueur. C’est dans ses séquences avec son fils – plus que celle avec son épouse campée par une Barbara Rush trop terne – que le film prend une vraie dimension. Jouant sur les jeux d’ombre où le père devient un tuteur des plus menaçants, la scène où Ed force son fils à travailler sans relâche exprime très bien la névrose paternelle. Quant à l’entraînement au foot américain, il prend vite des allures de parcours du combattant imaginé par un sergent sadique transformant son jardin en un camp d’entraînement.

Si ce n’est pas le plus grand des films de Nicholas Ray, Derrière le miroir est à (re)voir pour James Mason.

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