TÉLÉVISION
THE LUNCHBOX, de Ritesh Bara, 1h40
Avec Nimrat Kaur, Irfan Khan, Denzil Smith
– Sortie : 2013 –
Diffusion sur Ciné+Émotion dimanche 2, 20h50
Entre cuisine et dépendances, The Lunchbox réussit cinématographiquement une belle histoire d’amour épistolaire par le truchement d’une banale boîte de fer. L’histoire est délicieusement surannée dans une Bombay grouillante de monde. Jeune femme délaissée par son mari, Ila se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère.
Premier long métrage du réalisateur Ritesh Batra, The Lunchbox s’inspire du système très répandu en Inde des Dabbawalahs, la livraison quotidienne des déjeuners sur le lieu de travail des employés, repas imaginé le plus souvent à domicile par leur épouse, voire par un restaurant. Imaginant une banale erreur de destinataire, le film donne un coup de projecteur sur deux cœurs solitaires au cœur de la mégalopole indienne. Et les allers-retours de la boîte de fer blanc confèrent alors au film une forme de vraie suspense. Où les relations de couple sont radiographiées avec finesse et intelligence
Belle histoire d’amour, le film est aussi, en arrière plan, le portrait d’une Inde, pays émergent s’il en est, mais où l’individu est en permanence confronté au stress moderne. Rien que se poser dans un bus relève du parcours du combattant et l’émancipation de la femme a encore bien des combats à vivre. Porté par des comédiens en état de grâce -Nimrat Kaur et Nawazuddin Siddiqui campent leur personnage avec une finesse totale – The Lunchbox est aussi un film qui ose montrer d’autres voies que celles du respect de la tradition et de la nostalgie des vieux films bollywoodiens. La recette d’un vrai bonheur ? En tout cas, l’histoire est très savoureuse…


