Patrimoine
LA CONQUÊTE DE L’OUEST, de Henry Hathaway, John Ford, George Marshall – 2h44
Avec Henry Fonda, Gregory Peck, Debbie Reynolds, James Stewart, John Wayne
– Sortie : 1962 –
Ce film est, à juste titre, considéré comme un classique du cinéma d’aventure et de l’âge d’or de Hollywood. Et il a fallu l’union de trois grands cinéastes américains pour mener à bout cette saga, en forme de résumé de l’histoire américaine. En effet, cette conquête de l’Ouest nous est racontée à travers l’histoire d’une famille de pionniers qui traversa les rivières, les plaines, mais aussi à travers la guerre de sécession et l’installation du chemin de fer. Ils rencontrent sur leur chemin des brigands, des bandits, et aussi des indiens…
Si cette épopée peut parfois ressembler à plusieurs westerns imbriqués, elle ne manque ni de moyens, ni de souffle. On y trouvera pas non plus une réflexion marquée par un peu de recul sur la manière dont les Européens ont conquis ces territoires sauvages aux dépens des Amérindiens. Non, cette Conquête de l’Ouest se veut un chant à la gloire ce tous les aventuriers qui ont construit cette Amérique chère au mythe du self-made-man et donne peu de place aux massacres dont furent victimes les tribus indiennes. Une épopée qui se conclue par des plans un brin grandiloquents (et qui a pris un sacré coup de vieux) sur une vision moderne des Etats-Unis dans les années 60 quand le mythe de la voiture et de l’industrialisation est à son apogée.

Porté par un casting quatre étoiles, La Conquête de l’Ouest utilise à merveille les décors naturels où évoluent ces héros d’un monde à construire. L’impressionnante technologie du Cinérama – aussi complexe qu’onéreuse ce qui motiva son abandon au bout de quelques films – renforce encore l’impact de ce cadre sauvage en renforçant la profondeur de champ.
Dans ce « Il était une fois en Amérique » au cœur du XIXème siècle, les scènes d’action abondent et donnent toute sa saveur à une histoire riche en rebondissements et en bagarres. Et on peut que rester séduit par la qualité de la séquence de descente des rapides sur des radeaux de fortune où le spectateur est immergé dans les remous ou par la séquence d’attaques du camp du chemin de fer par le troupeau de bisons, excités par les Indiens repartis sur le chemin de la guerre. Quant à l’attaque des pillards sur le train, elle ne manque ni de souffle, ni de surprises. On imagine sans peine le travail de fourmis que durent, à l’époque, fournir le bataillon de cascadeurs.
Bref, un western classique d’entre les classiques que l’on peut revoir à l’envi et qui fait souffler un peu d’air frais dans ces temps confinés…

