GEORGES DELERUE : LA MUSIQUE DES IMAGES

MUSIQUES ORIGINALES


Il fut le compositeur emblématique de la Nouvelle Vague. Un coffret célèbre les partitions signées par ce compositeur prolifique de cinéma de 1959 à 1962 : Georges Delerue- Bandes originales de films (*).

La pochette du coffret dédié à Georges Delerue nous le montre complice et souriant au côté de François Truffaut. Une proximité naturelle pour ce musicien qui habilla si bien ceux de la Nouvelle vague des années 60.

À ré-entendre ces partitions, on mesure à quel point Delerue savait habiller sur mesure, dès ses premiers partitions,  les cinéastes avec lequel il travailla. Les premières mesures composées pour un Philippe de Broca pour la BO du Farceur colle à la légèreté et  l’esprit facétieux d’un cinéaste bondissant, amoureux de la vie et des femmes et qui avait le sens du  rythme. On y retrouve au passage le savoureux clin d’œil de El De Broca.

De même, Delerue marque sa première musique de long métrage, en 1959, par la splendide Valse de Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais.  Avec Truffaut, ce fut une autre histoire d’affinités électives avec notamment le travail mené sur Tirez sur le pianiste, en 1960, Charles Aznavour jouant  le rôle-titre. Déjà ces mélodies comme Rock marquent l’écran . Comme le rapporte le livre du coffre,  Truffaut avait alors déclaré : « Georges Delerue est un homme très intéressant parce qu’il est le plus cinéphiles des musiciens… »

Intéressant, le parcours de Georges Delerue le fut sans doute, lui qui, natif de Roubaix, en 1925, a passé son enfance dans un milieu ouvrier : son père était contremaître dans une fabrique de limes et, tout naturellement, son fils aurait dû prendre sa suite, même si sa mère était mélomane et aimait chanter Gounod ou Bizet en s’accompagnant au piano. C’est elle qui l’inscrira au Conservatoire, quand il avait 15 ans, pour qu’il apprenne à jouer de la clarinette, un instrument dont il avait hérité de son oncle.

Un accident stupide de vélo le clouant cinq mois durant sur un lit va susciter sa vocation : celle de se vouer à la composition musicale. Le jeune Delarue sera alors poussé par le nouveau directeur du conservatoire de Roubaix, Alfred Desenclos, qui sent ses capacités.  Georges dit adieu à l’usine pour se lancer dans de solides études musicales. La suite, on la connaît et Delerue, disparu en 1992 en Californie, a signé plus de 300 musiques de films, et remporté trois César (Préparez vos mouchoirs en 1979; L’Amour en fuite en 1980 et Le Dernier Métro, en 1981). EN 1980, il a aussi remporté, ultime consécration, l’Oscar de la Meilleure partition originale pour I love you, je t’aime.

Avec le recul, et ce coffret célébrant ses premiers pas de deux sur grand écran, on voit déjà se dessiner la palette d’un compositeur qui mit en musique la très belle chanson créée par le cinéaste Henri Colpi pour son film, Une aussi longue absence : Ces trois petites notes de musiques, mise en bouche par Cora Vaucaire et que d’autres, Montand en tête, mettront à leur répertoire.

Sur des images de réalisateurs bien inspirés, les petites notes de musique d’un Delerue continuent de marquer nos mémoires.

(*) Disque Frémeaux & Associés

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