BREL ET LES ANARCHISTES

CINOCHE


LA BANDE À BONNOT, de Philippe Fourastié – 1h50

Avec Bruno Cremer, Jacques Brel, Annie Girardot

Sortie : novembre 1968

Quand on revoit le film de Philippe Fourastié, on est étonné de voir qu’il fut interdit au moins de 18 ans. Il est vrai, sa sortie en fin de l’année 68 pouvait faire peur aux autorités de l’époque tant le cinéaste a bien reconstitué l’histoire de ces bandits anarchistes. Le pitch ? Au début du XXe siècle, à Paris, une bande de malfrats terrorise la ville. Constitué d’ouvriers anarchistes haïssant la bourgeoisie, ce gang braque les banques et commet des meurtres. A leur tête, Jules Bonnot. La police met sur l’affaire l’un de ses meilleurs commissaires pour mettre fin à leurs méfaits…

Il est vrai, Fourastié filme la violence du groupe sans fard. Dans la bande il y a là quatre hommes – Raymond -la -Science, Soudy, Garnier et Carouy – et une femme, Marie la Belge, et ces premiers gangsters en automobile  ont parfois la gâchette facile, ce qui explique les tensions entre Raymond-la-Science, campé par Jacques Brel  et Bonnot lui -même (Bruno Crémer).

La reconstitution historique est très fine dans ce film d’action qui retrace très bien la saga de la bande à Bonnot et montre bien comment deux idéologies anarchistes s’affrontent au début du siècle dernier. Michel Vitold joue avec la finesse qui est la sienne le militant pacifiste Kilbatchiche qui s’oppose à son « ami », Raymond-la-Science sur l’action directe.

Malgré certains raccourcis historiques, cet  opus reconstitue bien le climat d’une époque et la peur qui étreint le bon peuple devant ces militants encore marqués par les massacres de la Commune. Il montre bien aussi comment s’applique la répression policière et militaire.  L’affiche est solide et Jacques Brel campe avec maestria ce Raymond-la-Science qui fait d’abord parler la poudre et semble possédé par ce désir d’action violente alors qu’un Bonnot (Bruno Cremer) est plus réfléchi et fait attention notamment à ne pas tirer sur la police.

Un film efficace et servi par une distribution des plus solides.

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