TÉCHINÉ ET LES ÉMOIS ADOLESCENTS

Patrimoine


QUAND ON A 17 ANS, d’André Téchiné – 1H55

Avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila

Sortie : 2016

Difffusion :  Arte, mercredi 17, 20h55

Coscénarisé avec Céline Sciamma, cinéaste et auteure de Tomboy,  ce film d’André Téchiné suit, avec le regard délicat sur les tensions humaines,  le parcours de deux lycéens.

Le pitch ? Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par un garçon, Tom. La violence dont Damien et Tom font preuve l’un envers l’autre va évoluer quand la mère de Damien décide de recueillir Tom sous leur toit. Évoquant indirectement un poème célèbre d’Arthur Rimbaud, ce film de Téchiné est construit autour d’une structure en trois parties  qui représentent les trois trimestres d’une année scolaire.

Face à Sandrine Kiberlain qui joue avec une infinie délicatesse son rôle de mère rêvée, ce médecin qui peut, tour à tour, passer d’une grande autorité intellectuelle à une vraie fantaisie dans le privé, il y a le duo des adolescents. Deux jeunes acteurs étonnants de justesse et quifont penser bien des émotions dans ce récit évoquant, avec un tact infini, les attirances homosexuelles et la difficulté de l’assumer dans un milieu scolaire.

Remarquablement dirigés, comme à l’accoutumée chez Téchiné, Kacey Mottet Klein et Corentin Fila jouent leur partition sans aucune anicroche et, dans un mélange de romanesque et de sensualité, Téchiné parvient à exprimer une riche palette d’émotions. Commentaires du cinéaste concernant ces deux jeunes acteurs (pour Corentin Fila, c’est son premier grand rôle au cinéma) : « Il s’agissait de construire un couple avec un contraste qui crée une dynamique. J’étais très sensible à leur réactivité. Entre eux, la caméra filmait de l’électricité. »

À suivre : Le film est suivi par le très beau documentaire de Thierry Klifa, André Téchiné, cinéaste insoumis. On  voit notamment Isabelle Adjani réenregistrant spécialement pour ce doc sa chanson de Barocco dans ce portrait intime d’un réalisateur cultivant la discrétion. Et dont Sandrine Kiberlain dit joliment que  « ses névroses sont drôles ».

Laisser un commentaire