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L’ÎLE AUX OISEAUX, de Maya Kosa et Sergio da Costa – 1h01
Documentaire
Diffusion : Club Shellac, à partir du vendredi 12 février 2020
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Après une longue période d’isolement suite à une maladie, Antonin redécouvre le monde et le travail dans un centre de soins pour les oiseaux sauvages. Dans ce décor étrange, bercé par le vacarme des avions, on sauve aussi bien les oiseaux blessés que les âmes en peine.
Ce qui touche dans ce doc ?
Plus que la facture -classique- du documentaire, on est touché par la portée humaine de ce portrait d’un jeune homme qui retrouve goût à la vie dans un cadre improbable : un centre de soins pour oiseaux situé près de l’aéroport de Genève. Dans un style proche de Strip-tease, la célèbre émission de la télévision belge, avec cette immersion au ras des dialogues qui sonnent juste et naturel, le duo de réalisateurs suit des hommes qui soignent des oiseaux au quotidien.
Antonin se retrouve adoubé par deux anciens qui ont pu rebondir après une période de chômage grâce à leur réinsertion dans cette île aux oiseaux. Et comme Paul, qui est chargé d’élever puis de tuer souris et rats dont se nourrissent les oiseaux, part à la retraite, Antonin est là pour prendre la relève.
Et c’est la voix-off d’Antonin qui sert de guide dans cette « île » hors du temps qui sert aussi de refuge à des déclassés qui entourent Émilie, la vétérinaire attentive qui veille au salut des oiseaux dans un environnement d’aéroport , dans un décor où ces animaux semblent des éléments négligeables.
Décrivant avec tact ces personnages qui dégagent une mélancolie certaine mais une belle humanité, le documentaire suggère au fil des séquences comment, dans ce lieu, on « répare » les animaux c’est sûr, mais aussi les vivants. C’est Antonin qui, luttant en permanence contre un état de fatigue permanent, donne, sans élever la voix, certaines clés à ce récit quand il dit : « J’ai compris qu’être utile pour les oiseaux avait quelque chose d’apaisant. »
Se terminant par la magnifique partition des Vêpres (Opus 37) de Rachmaninov, ce documentaire est sensible et émouvant. Quand une clinique des oiseaux sert aussi à soigner les âmes…
