UN DELON MAGISTRAL

PATRIMOINE


MONSIEUR KLEIN, de Joseph Losey – 2h05

Avec Alain Delon, Jeanne Moreau, Juliet Berto

Sortie : 1976

Diffusion sur Arte, le lundi 11 janvier, 20h55

Nous sommes à Paris en 1942. En pleine occupation allemande à Paris, Robert Klein, un Alsacien qui rachète des œuvres d’art à bas prix, reçoit, réexpédié, à son nom, le journal Les Informations juives qui n’est délivré que sur abonnement. Il découvre bientôt qu’un homonyme juif utilise son nom, et décide alors de remonter la piste qui le mènera à cet inconnu.

Dans ce très grand Losey, l’histoire, sombre, conduit directement à la rafle du Vél’ d’Hiv de triste mémoire. C’est la deuxième fois que Losey fit appel à Alain Delon après l’avoir déjà dirigé l’acteur en 1972 dans L’Assassinat de Trotsky. Cette fois, l’acteur campe ce personnage énigmatique dépassé par le vent de l’Histoire et qui découvre que l’identité, dans un régime totalitaire, peut être réversible et conduire au drame.


Fascinant, Delon l’est sans nul doute dans ce récit où Monsieur Klein est pris dans une troublante quête identitaire et, profiteur de guerre, il se voit à son tour persécuté. Avec son visage impavide, Delon y fait une prestation éblouissante. Malgré sa performance, il n’obtient aucune récompense au Festival de Cannes ce qui, de son propre aveu, lui a « fait très mal ».

Pour la première fois, Joseph Losey bosse  avec le chef opérateur Pierre-William Glenn. qui signe un travail magnifique. Ils se retrouveront ensuite sur les tournages de Comme un boomerang (1976) et de Le Choc (1982).

Réflexion sur la dépossession de soi, la folie même, et sa vampirisation vécue dans un état policier, Monsieur Klein est un impressionnant suspense glacé où Losey semble dire que le refus de s’engager ne peut qu’être illusoire.

 

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