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Deux heures et demie : ce n’est pas trop long pour raconter la vie et les œuvres de Charlot. Charlie Chaplin, le génie de la liberté, est proposé sur France 3, à 21h05, ce mercredi 6 janvier. Le portrait d’un artiste qui n’arrêta pas d’innover.
Quatre ans après le portrait très dense de Jean Gabin, François Aymé et Yves Jeuland font donc le tour de Chaplin, un artiste né terriblement pauvre et mort immensément riche après avoir marqué à tout jamais l’histoire du cinéma. Il a gravé son personnage dans nos cerveaux comme Disney le fit avec Mickey.
Chaplin fut sans nul doute un personnage inspiré. Il fut aussi un travailleur acharné. Rien que pour composer sa silhouette mémorable et sa démarche lui demandèrent un travail méticuleux. Pour cette démarche, il s’inspira par exemple de celle d’un mendiant vu à Londres. La canne a été emprunté à Max Linder, grand artiste français qui avait connu, avant sa disparition tragique et prématurée, une gloire internationale avant Charlot. On connait aussi le travail accompli par Chaplin sur la musique de ses films.
L’homme n’a pas toujours rendu aux autres ce qu’il leur devait. Ainsi dans ses Mémoires, Histoire de ma vie, sorties en 1964, n’est jamais évoqué un Stan Laurel qui fut pourtant sa doublure de music-hall dans la troupe de Fred Karno. Mais, inquiet de nature, Charlie Chaplin a toujours craint de passer de mode et le sort d’un Buster Keaton, sombrant dans l’oubli à l’arrivée du parlant, lui donne raison avec le recul.
Créateur libre, dans sa vie privée comme dans ses œuvres, attaqué par la presse qui le calomnia dans les années 40, Chaplin n’a jamais hésité à aborder des thèmes clivants comme le fordisme, le nazisme -entre autres – dans des films où l’humour n’interdit pas l’engagement, que ce soit Les Temps modernes (1936) et Le Dictateur (1940).
Nourri de nombreux témoignages et d’extraits de films, y compris des archives familiales, ce documentaire fait revivre Chaplin dans toute sa complexité. Un artiste qui n’a pas cessé de faire surgir dans ses films des personnes réelles de son entourage. Et bien sûr
un artiste qui marqua tous ses films de son empreinte, même quand il n’était pas le premier de cordée. Ainsi, comme le fera aussi Hitchcock, il apparaît en steward sujet au mal de mer dans son dernier film, La Comtesse de Hong-Kong, en 1967.
Mack Sennett avait repéré ce génie de la pantomime dans les tournées américaines de Fred Karno et lui avait offert son premier rôle à l’écran dans Making a living (Gagner sa vie). Non content de la gagner remarquablement avec son talent, Chaplin a gagné une reconnaissance mondiale et éternelle…

