CLAUDE BOLLING : UN PIANO EN DEUIL

Célèbre pianiste de jazz, chef d’orchestre et compositeur Claude Bolling, est vient de mourir : il avait 90 ans. Évoquer un tel artiste chaleureux, c’est aussi visionner dans sa tête bien des films et téléfilms dont il signa les musiques originales.

Né à Cannes le 10 avril 1930, puis vivant à Paris,  Claude Bolling avait regagné Nice durant l’Occupation : il y avait suivi l’enseignement de Marie-Louise “Bob” Colin, une femme originale car  pianiste, trompettiste et batteuse dans un des nombreux orchestres féminins à la mode dans l’entre-deux-guerres. C’est elle qui l’encouragea à revenir à Paris, la ville du jazz où Claude Bolling créa son premier orchestre à 16 ans et enregistra, à 18,  son premier disque.

Fan de Duke Ellington, Claude Bolling créa ensuite son « big band » en 1956 qui tournera avec lui durant six décennies. Dans ce groupe ont figuré des instrumentistes de renom comme le saxophoniste alto Claude Tissendier.Dans les années 50, Boris Vian lui donna un surnom, celui de « Bollington », et lui permit de s’introduire dans l’univers de la variété et de la direction musicale pour des stars : Brigitte Bardot – c’est lui qui arrangea La Madrague par exemple- Juliette Gréco ou encore Henri Salvador…

Sur son compte Twitter, Brigitte Bardot a écrit  dès l’annonce de cette disparition : « Claude Bolling, mon « dubol » est parti emportant avec lui ma jeunesse et 60 ans d’amitié fidèle, de joie de vivre, de chansons rigolotes, et d’une complicité insouciante. » Il fut aussi à l’origine de la création d’un quatuor féminin célèbre dans les années 60 et qui surfait sur la vague yéyé : les Parisiennes.



Homme de rencontres et d’expériences, Claude Bolling a, par exemple, composé et enregisrré une Suite pour Flûte et Jazz Piano Trio avec un autre virtuose, le flûtiste Jean-Pierre Rampal. Une œuvre qui a cartonné dans le classement Billboard aux États-Unis.

Le grand public, lui, gardera à jamais en mémoire ses musiques de films (plus d’une centaine) où l’on reconnaissait dès les premières mesures la griffe Bolling : que ce soit Borsalino(1970) de Jacques Deray, Le Magnifique, Lucky Luke… Pour la télévision, sa BO la plus célèbre fut sans nul doute celle des Brigades du Tigre.

L’homme ne barguignait pas avec ses convictions : il avait ainsi interdit que le FN  utilise en 2007 son adaptation de La Marseillaise. « Il souhaite qu’aucun usage ne soit fait de son interprétation de la Marseillaise dans un but politique ou pour soutenir quelque mouvement que ce soit », avait indiqué un communiqué laconique.

Avec les disparitions de Michel Legrand et de Claude Bolling, le jazz et la musique de films ont subi un sacré choc en 2020.

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