UNE DESCENTE AUX ENFERS !

PATRIMOINE


L’HOMME DES HAUTES PLAINES, de Clint Eastwood – 1h45

Avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Marianna Hill

Sortie : août 1973

Quant il tourne son premier western comme réalisateur, Clint Eastwood s’inscrit dans la droite ligne des films du genre, signés Sergio Leone avec lequel il a tourné trois films remarqués de 1962 à 1966: a célèbre trilogie des dollars. L’histoire est resserrée et efficace. Un étranger, tout de noir vêtu, arrive dans une petite ville frontalière du sud-ouest américain. Trois jeunes cow boys le provoquent. Il les abat tous les trois. Les habitants lui demandent alors de les sauver de l’attaque de trois bandits qui ont juré la destruction de la communauté. Il accepte mais à des conditions qui vont bouleverser le conformisme de la bourgade…

En prenant le surnom de « L’Étranger », Eastwood perpétue ainsi le nom « d’homme sans nom » des célèbres westerns spaghettis. Pour autant, si le jeune cinéaste paie son tribut à son illustre mentor italien, il inscrit le film dans la grande tradition de Hollywood.

Par la description d’une bourgade frappé de lâcheté communautaire, il fait écho à l’atmosphère du Train sifflera trois fois par exemple, autre description d’un homme qui se bat seul contre tous.Mais, il y a aussi des thèmes chers à Eastwood et que l’on retrouvera dans d’autres opus : la vengeance ( présente encore dans Josey Wales hors la loi et Impitoyable) ; l’homme providentiel et mystérieux dont le pasteur de Pale Rider sera un autre prolongement. Entre autres.

Et puis, il y a un goût du cinéaste qui le pousse vers une forme de fantastique onirique. Ainsi, « l’Etranger « force cette population veule à repeindre la  ville en rouge et nomme leur souffre-douleur habituel, un nain qui plus est, comme maire et shérif ! Cela permet alors l’irruption d’images fortes et inattendues dans un tel film de genre et qui lui offrent alors une dimension aussi crépusculaire que fantastique. Alors, quand la violence jaillit, elle a un effet d’une grande densité et la mise en scène qui va à l’essentiel renforce encore ces effets.

Ange exterminateur revenu de la tombe ou frère du shérif Duncan assassiné ? Le mystère sied bien à ce western atypique…

 

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