LA MUSIQUE COMME ARME PACIFIQUE

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CHANGER LE MONDE, de Frank Cassenti -1h22

Documentaire

Sortie : sur Cinémutins, à partir de décembre 2020

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

La musique peut-elle changer le monde ? Des artistes de cultures différentes y répondent. Des femmes et des hommes qui ont à cœur le rêve de Martin Luther King, « I Have a dream « . Ce documentaire est un voyage musical et initiatique à le temps et l’espace, à deux voix, celle du cinéaste Frank Cassenti, et celle d’Archie Shepp, un géant de la musique africaine-américaine du XXème siècle qui continue de porter la voix aujourd’hui.

Ce qui touche dans ce doc ?

Tout est parti d’un concert donné au festival Jazz à Porquerolles en hommage à Martin Luther King. À partir de cette magnifique  île au large de Hyères, entre mer et chant de cigales, Frank Cassenti et Archie Shepp proposent un voyage à deux voix en conviant dans cette errance musicale bien des croquenotes et chanteurs : Nicole Mitchell, Marc Ribot, Badjé Tounkara, Vincent Ségal, Hamid Drake, BCUC, André Minvielle, Hermeto Pascoal…

Nous promenant de Porquerolles au Maroc des gnawas, descendants d’esclaves, qui ont marqué l’enfance du cinéaste, au New Morning, temple du jazz à Paris, en passant par Porquerolles bien sûr ou encore New York au cœur de Harlem et l’Afrique du sud, Frank Cassenti s’attache à comprendre le rôle de la musique comme levier de la transformation de la société. Et à réunir des témoignages d’artistes au parcours fort différent mais unis par les mêmes convictions humanistes.

Nourri de rencontres musicales au long cours, Changer le monde – qui devait sortir initialement au cinéma avant la fermeture des salles – montre en effet comment tous les artistes invités pensent que la musique est une arme pacifique pour faire évoluer mentalités et sociétés.  Archie Shepp, 67 ans,  souligne comment il a vu évoluer lentement les choses : « Je suis né dans le sud des États-Unis dans un temps où c’était presque l’Afrique du sud. Il y avait beaucoup de discrimination. La musique est pleine de joie, d’amour, d’espoir. »

Vétéran de tous les combats pour la démocrate, Tata Cédron symbolise bien, par exemple,  comment les musiciens ne veulent pas baisser la garde, malgré les coups de Trafalgar politique. « Il faut encore réparer les malheurs de la terre », dit-il toujours enthousiaste.

À travers ce film qui livre quelques magnifiques pages musicales, comme celle où un musicien d’Archie Shepp répond d’un solo à l’orchestre venu saluer l’artiste à Porquerolles, Frank Cassenti montre bien comment tous ces musiciens ne cessent de rêver à transformer le monde. Un documentaire passionnant et tonique en diable ce qui n’est pas rien dans ces temps difficiles…

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