L’ancienne épouse de Jean Poiret est morte à 75 ans. Elle avait incarné bien des rôles populaires à l’écran comme sur les planches. Flash-back.
Caroline Cellier a marqué de sa présence, de sa voix chaude et de son jeu une centaine de films. En 1985, elle avait reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le sombre Année des méduses au côté de Bernard Giraudeau. Quelques années plus tard, elle avait été encore nommée au César dans la catégorie meilleure actrice pour Le Zèbre qui fut l’ultime film de Jean Poiret qu’elle avait rencontré en 1965.
Sa toute dernière apparition au cinéma remontait en 2010 dans Thelma, Louise et Chantal de Benoît Pétré où elle jouait Gabrielle aux côtés de Jane Birkin et Catherine Cellier. Elle y campait une quinquagénaire fragile mais volontaire. Évoquant son rapport à la fin de vie dans une interview au Figaro, elle soulignait : « On peut avoir peur de la maladie, d’être handicapé, mais on ne peut avoir peur de la mort« .
La dame avait l’appétit des choses et des rencontres et la liste des films ou des pièces dans lesquelles elle a figuré est impressionnante. On se souvient encore de sa prestation dans les films de Claude Chabrol dont elle fut une muse avec des histoires sombre: Que la bête meure – elle tentait d’échapper au personnage monstrueux campé par Jean Yanne – ou encore Poulet au vinaigre.
Au théâtre, ses compositions lui avaient valu pas mal de trophées : en 1965, elle avait reçu le prix Gérard-Philipe, un trophée d’art dramatique décerné par la Ville de Paris, qui l’avait sacré meilleure comédienne de la capitale. Deux ans plus tard, Caroline Cellier avait cette fois-ci remporté le prix Suzanne-Bianchetti, décerné chaque année par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques à la jeune actrice la plus prometteuse du moment. Ami et compagnon de scène de l’actrice, Bernard Murat l’a salué en ces termes : « C’était une personnalité extraordinaire. Caroline était connue pour sa fierté, son panache, son extravagance, son humour, son rire… Elle avait un style de jeu d’avant-garde. »
Chanteuse également, elle avait participé en 1997 à la troupe des Enfoirés, chargé de récolter des dons pour les Restons du cœur.
Une chose est sûre : Caroline Cellier n’a jamais cessé de tenter des choses. On se souvient notamment de Poker, de Catherine Corsini en 1987. Un opus étrange où, entre deux parties de cartes, elle erre dans Paris, la nuit. Une figure élégante et un brin énigmatique du cinéma a donc tiré sa révérence
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