CLAP DE FIN POUR MICHEL ROBIN

Le COVID-19 a eu raison de Michel Robin, cet acteur raffiné et subtil, sociétaire de la Comédie-Française. Il avait 90 ans.

De son apparente timidité, de sa silhouette gracile, il avait fait une force. De sa voix douce, Michel Robin a habité bien des personnages au théâtre comme sur grand écran. Très tôt, il avait joué les « vieux » avec un sens consommé de l’humour et de l’absurde.

Au théâtre, il avait débuté au côté de Roger Blanchon et avait joué dans 17 spectacles, de 1958 à 1964, dont Les Trois Mousquetaires, Les Âmes mortes... Ensuite, il avait intégré la Compagnie Renaud-Barrault pour plusieurs saisons. Il fut notamment un des interprètes d’une de ses pièces marquantes : En attendant Godot de Samuel Beckett mis en scène par Roger Blin (1970).

Loin de la Comédie-Française, il avait aussi marqué les planches dans des spectacles comme Les Oiseaux d’Aristophane ou La Nuit des rois, de Shakespeare. Son talent avait été salué par la profession en  1990 quand il reçut le Molière du meilleur second rôle pour La Traversée de l’hiver de Yasmina Reza.

Le cinéma n’avait pas manqué de faire appel à son talent et Michel Robin a aussi bien joué pour Claude Chabrol que pour Costa-Gavras. En 1979, il  avait reçu  le Grand prix d’interprétation du jury du Festival de Locarno pour Les Petites Fugues d’Yves Yersin. Et on se souvient de sa prestation dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet. Les téléspectateurs se souviendront encore de certains rôles récurrents à la télévision, comme celui de Boulevard du Palais.

Nommé 495e sociétaire le 1er janvier 1996, Michel Robin avait marqué aussi de sa griffe une version du Bourgeois Gentilhomme. Sans hanter les plateaux de télévision, il a mené une sacrée carrière.

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