LES MUSIQUES DE L’AMOUR

UNE BARQUE SUR L’OCÉAN, de Arnold de Parscau – 1h35

Avec Hari Santika, Dorcas Coppin, Elisza Cahaya

Sortie : mercredi 26 août 2020

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Eka est un jeune Balinais de 25 ans vivant dans un petit village perdu au nord de Bali. Par amour pour Margaux, belle étudiante en piano expatriée sur l’île avec sa famille française dans une luxueuse villa, Eka décide d’apprendre à composer de la musique. Le jeune homme va se laisser envouter par ce monde artistique qu’il cherche à conquérir, lui faisant espérer une nouvelle vie loin de la pauvreté et de la dureté de son milieu. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique.

Et alors ?

En transposant dans l’univers musical l’histoire de Martin Eden – qui inspire décidément beaucoup les cinéastes après la récente version italienne – Arnold de Parscau a voulu le déplacer dans un univers qui compte pour lui : celui de la musique. Car, depuis sa plus tendre enfance, ayant des parents mélomanes, il a baigné dans cet art et sa sœur est, elle-même, pianiste classique. Pour autant, la musique lui permet de rebondir sur une autre dimension. Explications : « Raconter cette histoire à Bali permet de mettre en exergue le choc de deux cultures radicalement différentes. En évoquant une histoire d’amour entre une jeune femme issue d’une famille aisée, expatriée à Bali, et un jeune Balinais ignorant tout de la culture occidentale, j’ai eu le désir de plonger le spectateur dans un univers encore peu exploité au cinéma. Celui d’une « Ile des Dieux », qui voit peu à peu ses paysages paradisiaques de rizières, montagnes, volcans et plages, disparaître sous le béton des villas et hôtels de luxe. »

C’est sans doute dans cette partie du film que le cinéaste nous implique le plus en montrant le fossé qui sépare ces deux mondes, le comportement des expatriés qui vivent dans leur bulle, et promènent un regard distant, voire paternaliste sur le monde alentour. À cet égard, la séquence où les parents reçoivent leur ancien jardinier devenu artiste reconnu en dit plus long qu’un long discours. Un contraste renforcé par le fait que le jeune Eka ne connaît rien, au début du film, de la musique dite occidentale.

Jouant bien sur les décors magnifiques de Bali, cette île des Dieux pétrie de croyances animistes, où la mer est aussi importante que les rizières à flanc de collines, le cinéaste sait par petite touches nous faire ressentir les choses, partager les émotions des principaux protagonistes du drame.

Malgré tout, on a un peu du mal parfois à trouver le récit vraisemblable, notamment par la manière très rapide dont Eka apprend la musique dont il ne connaît rien au début et parvient à jouer du piano. En revanche, la description des relations familiales – aussi bien dans la famille d’Eka que dans celle de Margaux- des tensions ponctuelles en les habitants dont certains tentent de racketter les touristes sont très justes.

On ne peut qu’être sous le charme enfin du jeu des deux acteurs principaux qui parviennent à faire passer certaines situations pas toujours crédibles. Il faudra notamment se souvenir de Dorcas Coppin, déjà repérée dans le récent Colette ou la série Section de recherches. Une chose est sûre : si la musique adoucit les mœurs, elle peut aussi provoquer des drames…

 

 

Laisser un commentaire