LA COMMUNION, de Jan Komasa – 1h55
Avec Bartosz Bielenia, Eliza Rycembel, Aleksandra Konieczna
Sortie : mercredi 22 juin 2020
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L’arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice.
Et alors ?
Inspirée de l’histoire d’un jeune homme polonais de 19 ans, La Communion est un récit très prenant sur les apparences et la mystification. Fou de Dieu à sa manière, Daniel parvient à faire croire à une population confite en dévotion et marquée par un drame qu’il est un vrai prêtre. Car, auteur d’un meurtre, Daniel ne peut pas devenir serviteur de Dieu sauf après une demande faite au Vatican car seul le pape peut absoudre cette faute, ce qui est très rare comme le souligne le réalisateur : « C’est un processus long et complexe. En revanche, un criminel peut entrer dans un monastère car quand on est moine, il n’est pas nécessaire d’avoir un passé irréprochable et un casier judiciaire vierge. Mais devenir prêtre quand on s’est rendu coupable d’homicide est un parcours du combattant, quel que soit le milieu d’où vous venez ».
Porté par Bartosz Bielenia, tout à fait étonnant dans la peau de ce délinquant reconverti – la séquence où il pousse les parents en deuil à expulser violemment leur douleur au milieu de la route est d’une rare force – ce film nous interroge aussi sur la foi et la crédulité, comme sur le besoin de se trouver un guide.
La force du long métrage tient à la réalisation parfaite de Jan Komasa avec ses plans fixes qui créent une atmosphère oppressante tout au long du film ou ce travail sur les lumières à l’intérieur qui confèrent parfois au scène les éclats d’un tableau. Quant à la séquence finale de l’église où Daniel semble un crucifié qui marché vers un avenir sombre, elle est inattendue et ne peut présager que d’une chute dramatique.
Une œuvre âpre, forte et dérangeante à voir absolument.

