Moretti face au drame familial

Rétro Cannes


2001 : la Palme d’or est attribué à Nanni Moretti pour son drame familial : La Chambre du fils. Un opus aussi émouvant que bien joué.

La Chambre du fils, c’est l’histoire d’un deuil. Dans une petite ville du Nord de l’Italie, Giovanni mène une vie paisible, entouré de sa femme, Paola, et de ses deux enfants déjà adolescents : Irene, l’aînée, et Andrea, le cadet.
Giovanni est psychanalyste et, dans son cabinet qui jouxte son appartement, ses patients lui confient leurs névroses, tandis que sa vie privée est réglée par un tissu d’habitudes : lire, écouter de la musique et s’épuiser dans de longues courses à travers la ville.
Un dimanche matin, Giovanni est appelé en urgence par un patient. Il ne peut aller courir avec son fils, comme il le lui avait proposé. Andrea part plonger avec ses amis. Il ne reviendra pas…

Pour évoquer ce nouveau scénario, le cinéaste déclarait : « Dans La Chambre du fils, la chose que je devais raconter de façon urgente c’était cette douleur, la mort d’un être cher, les différentes façons dont les proches réagissent à cette mort. Je sentais comme vraiment important la nécessité de mettre ce récit en scène. Jamais je ne me suis senti investi par le sentiment d’un film comme ce fut le cas cette fois-ci. Ca ne m’était jamais arrivé. » 

Ayant fait pas ma de recherches sur la psychanalyse – certains ont même validé l’aspect technique du scénario – Nanni Moretti signe une histoire d’une rare subtilité sur une histoire dont le thème a pourtant souvent inspiré les créateurs de tout poil. Ouvrant son film par un plan sur la cathédrale d’Ancône, en forme de clin d’œil à Ossessione, de Luchino Visconti, Moretti montre clairement que le désir fou, obsessionnel de Giovanni serait de remonter le temps, avant le drame.

Utilisant la vie quotidienne (la course notamment) pour nourrir la description de ce drame vécu par ce couple, Moretti fait partager de manière presque charnelle ce sentiment du deuil et de l’absence. Campant lui-même cet homme au bord de la crise nerveuse, il peut compter, une fois de plus, pour lui donner la réplique sur Laura Morante, toujours d’une extrême sensibilité,  qu’il avait déjà dirigée dans Sogni d’Oro et le très beau Bianca.

Si Moretti a connu d’autres réussites sur grand écran, cette Chambre du fils est à marquer d’une pierre blanche dans sa filmographie…

 

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