UN CONTE MYSTIQUE

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L’OISEAU DE PARADIS, de Paul Manate – 1h29

Avec Sebastian Urzendowsky, Blanche-Neige Huri, Ahura Temaru

Sortie : dimanche 24 mai 2020

Mon avis  3 sur 5

Le pitch  ?

Jeune assistant parlementaire métis, amoral et séducteur, Teivi revoit un jour Yasmina, une lointaine cousine maorie aux pouvoirs mystiques, qui lui fait une étrange prédiction. Mais en proie à des malaises hallucinatoires et empêtré dans une affaire de corruption immobilière, Teivi perd pied. Persuadé que Yasmina peut le guérir, il part à sa recherche et chemine jusqu’à la presqu’île fantasmagorique de Tahiti.

Et alors ?

Incontestablement, il y a une atmosphère singulière dans ce film qui mêle à une histoire réaliste – avec la description de certaines pratiques immobilières, des relations avec les élus – un monde onirique, « autorisé » par les pouvoirs mystiques de Yasmina, une jeune femme qui est, au demeurant, aussi très « ancrée » dans le quotidien et n’hésite pas à s’immerger dans des taches ménagères des plus banales… Le contraste entre le physique costaud de Yasmine et l’étrangeté de certaine situations crée alors une vraie tension dramatique dans l’histoire.

Paul Manate souligne : « Il y a l’intention de confronter deux mondes, celui mystique  et tellurique de Yasmina, et celui corrompu et superficiel de Teivi. Voir comment l’un agit sur l’autre, l’influence et le ronge sans réussir à le dominer totalement. Cela peut être vu comme un film politique,de « pouvoirs », mais pour moi, c’est d’abord un conte mystique et un film d’amour. »

En plongeant dans les vieilles traditions de Tahiti, en évoquant les liens forts entretenus par certains avec la nature, Paul Manate joue sur les deux tableaux, n’hésitant pas à consacrer des séquences -parfois un peu trop longues d’ailleurs – à l’autre monde, ainsi dans celle nocturne au bord du ruisseau illuminé d’étranges éclats lumineux.

On ne peut qu’être aussi  étonné de la justesse de jeu de comédiens non professionnels, à l’exception de Sebastian Urzedowsky (Teivi) et de Patrick Descamps (qui joue le député Gilot). Une personne comme Angela Chavez qui campe la tante Rose , est ainsi étonnante dans le rôle de marâtre autoritaire et bien décidé à mener son monde à la baguette, même si elle n’est pas dépourvue d’humour.

Si la lenteur de l’opus peut parfois dérouter, une certaine mollesse dans la mise en scène aussi, il n’en demeure pas moins que cet Oiseau de paradis fait bien découvrir l’esprit des ancêtres, ou la force supérieure de la Nature, présents dans le « mana », l’âme polynésienne. Si le résultat est parfois inégale, qu’il y a certains temps morts, ce drame mystique a aussi quelque chose d’attachant et d’inédit.

 

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