DIFFICILE ADOPTION

Télévision


MAUVAISE MÈRE, d’Adeline Darraux – 1h30

Avec Barbara Schultz, Thierry Godard, Jessyrielle Massengo, Sophie Breyer

Diffusion: France 3, 21h05, mardi 14 avril 2020

Mon avis : 4 sur 4

Le pitch ?

Mina, jeune éthiopienne de 13 ans, a été adoptée à sa naissance par Judith et Lionel, un couple uni, déjà parents d’une fille biologique. L’adolescence va la faire basculer dans une spirale destructrice contre laquelle elle ne peut rien et se muer en une boule d’agressivité qui va diviser toute la famille. L’amour et la bienveillance de ses parents suffiront-ils à panser ses blessures et à apaiser ses souffrances ?

Ce qui touche dans le film ?

La grande maison nichée au milieu de havre de verdure est magnifique; le couple des parents semble uni et la grande sœur de 20 ans, étudiante brillante, est cool en diable… Tout semble aller pour le mieux du monde pour Mina, une adolescente adoptée dès sa naissance par ce couple dynamique et entreprenant. Et pourtant… Il est un âge où le traumatisme enfoui va jaillir et créer un vrai tremblement de terre dans la vie routinière de cette famille quand Mina est prise dans une spirale de violence tant dans les mots que dans les gestes. Admirablement campée par Jessyrielle Massengo – elle a reçu le prix du meilleur espoir féminin au Festival de la fiction de Luchon – Mina devient l’élément qui peut faire exploser ce bel équilibre familial.

Avec des dialogues incisifs et qui touchent toujours juste – « Tu m’as choisi mais je ne t’ai pas choisie » lance Mina à Judith qui avoue dans un autre passage « Mina peut être adorable mais aussi cruelle » – ce téléfilm d’Adeline Darraux montre très bien le double visage de cette adolescente adoptée et qui peut montrer deux visages les plus contradictoires.

Barbara Schulz  et Thierry Godard

Face à elle, Barbara Schultz et Thierry Godard – que l’on est ravi de voir en dehors de ses personnages de flic- sont d’une redoutable justesse et expriment tous les tiraillements de ces époux qui voient soudain leur univers s’écrouler.

En prime, Adeline Darraux a trouvé des astuces visuelles pour donner du rythme à son histoire : un banal plan séquence de Mina en vélo en dit long sur son désir de liberté.  Des plans extérieurs aux scènes dans la vaste maison, par des cadrages alternant dans un ballet bien réglé les plans larges et les plans serrés où l’intime est effleuré, elle parvient à insuffler une émotion qui ne faiblit jamais, à exprimer les difficultés de l’adoption de manière originale et sans une once de pathos. Cette adaptation du roman de Judith Norman – et inspiré de sa vraie vie – est réussie de bout en bout.

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