L’humour noir à l’italienne

PATRIMOINE

Les Nouveaux Monstres, c’est tout l’humour noir, caustique à l’italienne dans des films à sketches donc certains sont de petits bijoux.

En 1977, trois larrons du cinéma italien (Mario Monicelli, Dino Risi et Ettore Scola) signent un film à sketches (des 14 dans la version originale n’en demeureront que 12), en forme de suite des Monstres, réalisé en 1963 par Dino Risi.

En douze tableaux sombres et ironiques, ces Nouveaux monstres montrent une société où la morale n’est qu’une question de façade. La belle et jeune Ornelle Muti en fait les frais dans Auto-stop qui ne peut finir que tragiquement pour la nana qui est prise en stop et doit lutter pour éviter les avances lourdingues de son chauffeur lubrique…

Plus avant, Comme un reine est un conte d’un noir absolu sur un homme d’âge mur qui place sa mère dans un hospice de vieux et lance avant de la quitter : « Et traitez-là comme une reine ! » L’occasion pour Alberto Sordi de signer la composition  cruelle d’un fils d’une lâcheté sans pareille. Et une histoire qui prend toute sa résonance à notre époque où l’on met souvent les vieux à l’écart…

On retrouve Alberto Sordi qui s’inscrit dans la grande tradition de la comédie de la Péninsule dans L’Éloge funèbre où l’hommage d’une troupe de comédiens ambulants à leur leader prend des allures de grande farce. Avec lui, la vie est vraiment une comédie italienne où l’on passe du rire aux pleurs.

Et puis, il y a l’incontournable Vittorio Gasman aussi bien capable de jouer un amant homosexuel en  pleine crise de couple dans la cuisine d’une auberge qu’un mari soi-disant accablé par l’enlèvement de sa femme et qui s’avère être un parfait salaud.

Bien plus tard, Ettore Scola a raconté comment les trois cinéastes étaient sur le tournage et décidaient au dernier moment quelle séquence ils allaient réaliser dans la journée. L’opus est donc bien une œuvre collective où les humours se marient le plus souvent pour le meilleur.

L’univers des Nouveaux monstres n’est tendre pour personne mais cet humour décapant fait toujours mouche. Et, à une époque où la désillusion est peut-être encore plus grande, le film garde toute sa puissance corrosive…

 

Laisser un commentaire